C'est la première chose qu'on dit à nos clients pros, et c'est souvent une surprise. Beaucoup d'établissements pensent qu'une désinfection passe par "un coup de produit vraiment costaud" qui ferait office des deux. Ce n'est pas comme ça que ça marche, ni techniquement, ni réglementairement.
Le nettoyage élimine les salissures visibles : poussières, traces, dépôts gras, résidus organiques. La désinfection élimine les micro-organismes invisibles : bactéries, virus, champignons. Les produits désinfectants homologués perdent leur efficacité au contact de la matière organique — la saleté les "neutralise" en consommant leur principe actif avant qu'il atteigne les pathogènes. Désinfecter une surface sale, c'est gaspiller du produit. Et c'est aussi se mettre en faute d'un point de vue réglementaire pour les ERP, parce que la traçabilité du protocole devient incohérente.
L'ordre qui compte
Avant chaque désinfection professionnelle, on commence par un dépoussiérage et un nettoyage des surfaces concernées. Sur les chantiers où le site est très souillé (logement après sinistre, locaux à l'abandon, lieux après infestation lourde), cette phase peut représenter la moitié du temps d'intervention. Une fois les surfaces propres, le désinfectant pulvérisé peut accrocher correctement les pathogènes, agir le temps de contact requis (généralement 5 à 15 minutes selon les produits), et atteindre les 99,99 % de réduction microbienne annoncés en laboratoire.
Sur quoi on agit, concrètement
Les pathogènes ciblés couvrent un large spectre : bactéries à Gram+ et Gram− (staphylocoques, entérocoques, E. coli, salmonelles, Pseudomonas), bactéries sporulées (Clostridium difficile en milieu hospitalier), virus enveloppés (grippe, coronavirus, gastro-entérites virales) et certains virus nus, champignons (candida, dermatophytes, moisissures), levures. Les produits qu'on utilise sont normés EN 14476 (virucide), EN 1276 (bactéricide), EN 13697 (fongicide) — c'est ce que les autorités sanitaires demandent pour valider un protocole.